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M6 : dans les coulisses d’Un Trésor dans Votre Maison

M6 : dans les coulisses d’Un Trésor dans Votre Maison

Pour en savoir plus sur le premier prime de l'émission de M6, Un Trésor dans votre Maison, programmé le mercredi 2 avril à 20 h 50, nous avons rencontré l'animateur Jérôme Anthony et le commissaire-priseur Emmanuel Layan dans les locaux de la chaine. Quelles seront les nouveautés ? Quels collectionneurs&chineurs sont-ils ? Quels regards portent-ils sur l'univers des objets anciens ?

But du jeu de ce premier programme de début de soirée de l'émission Un Trésor dans votre Maison : trouver un maximum de superbes trésors qui seront proposés lors d'une vente exceptionnelle dans le haut lieu parisien des ventes aux enchères, Drouot-Richelieu. Nos deux compères ont sillonné la France à la recherche d'objets rares et précieux. Une seule obligation pour décrocher l'une des quinze invitations et avoir la possibilité de participer à la vente : l'objet doit être estimé au minimum 1 500 €.

Rendez-vous a été pris avec le commissaire-priseur de l'émission, Emmanuel Layan, et l'animateur Jérôme Anthony pour entrer dans les coulisses de ce numéro événementiel. Nous en avons profité pour tout savoir sur leur relation avec les objets anciens et de collection.

LES RAISONS DU SUCCÈS DE L'ÉMISSION ?

Jérôme Anthony : “Le succès n'a pas été instantané. Sur M6, c'était un peu inattendu qu'un programme comme celui-ci arrive. On a pris le temps de l'installer. Maintenant, nous avons un socle de public très fidèle, plutôt provincial. Le programme s'est institutionnalisé. On a tenté de moderniser l'univers des objets anciens. Quand on a lancé le projet, j'ai pris comme exemple Amicalement Vôtre : Emmanuel est Lord Sinclair et moi Daniel Wilde ! Dès le début, je nous ai trouvé des rôles avec lesquels on pouvait tout faire. Comme il y a une notion d'urgence, de découvertes et d'enquête, le concept de l'émission se rapprochait de ce style de série.”

 

Emmanuel Layan : “Jérôme amène un ton détendu et décalé. Moi, j'essaie de trouver le compromis entre le langage pointu que l'on ne peut pas éviter quand on parle d'histoire, et de l'adapter, tout en gardant à l'idée que notre public sait déjà beaucoup de choses. J'aime leur faire réaliser, puis y ajouter une trame et des indices supplémentaires. On a un peu tous les cas de figure : certains collectionneurs connaissent très bien leurs objets et ce sont eux qui apportent les explications ; d'autres ne savent pas du tout ce qu'elles ont entre les mains. Le succès vient aussi de la variété des objets. Dans un programme, on touche à plein de thèmes, de répartitions géographiques et historiques différents.”

POURQUOI AVOIR CHOISI DROUOT POUR CE PRIME ?

Jérôme : “Pour un certain public provincial, Drouot, c'est comme la tour Eiffel ! Beaucoup, qui ont participé au projet, étaient hyper-émus d'être là. Le point final d'une super aventure !”

 

Emmanuel : “Drouot est un nom connu dans la France entière. On ne sait pas vraiment comment l'établissement fonctionne, son histoire, quel est son partenariat avec les commissaires-priseurs. Peu de personnes savent concrètement ce qu'est cet établissement, mais tout le monde l'associe aux ventes aux enchères. Il y a un certain luxe et une certaine qualité de prestations. C'est donc l'occasion de montrer le lieu. Comme on a été assez exigeant sur le seuil des estimations des objets, c'était assez logique d'adapter le lieu. A Drouot, il se vend de tout, mais surtout des belles choses.

C'est aussi l'occasion de montrer une vente cataloguée, car dans le programme classique, on est dans des ventes sans catalogue. Nous montrons encore une autre facette de la profession : la constitution de catalogue. A l'heure d'Internet et de la disparition du support papier, avec les ventes aux enchères, on reste toujours attaché à l'édition d'un catalogue qui crée une source de documentation. Il y a un parfum de standing pour nos vendeurs, qui gardent une trace de leur objet sur un catalogue. C'est également l'opportunité d'expliquer pourquoi on réalise un catalogue qui sera édité par Drouot-Estimations avec qui on a collaboré. Il était important de faire connaître le fonctionnement de Drouot au grand public.”

L'OFFRE DE DROUOT À PARIS EST LA MÊME QUE CELLE EN PROVINCE ?

Emmanuel : “Internet a révolutionné le métier. Cette opportunité a unifié l'offre en province et à Paris. C'est du plus pour tout le monde de suivre ainsi toutes les tendances. Internet est une chance inouïe pour nous. Le marché de l'art a toujours été international et désormais mondialisé.”

CETTE ÉMISSION PERMET-ELLE DE FAIRE MIEUX CONNAÎTRE LE MÉTIER DE COMMISSAIRE-PRISEUR ?

Emmanuel : “C'est apporter une touche supplémentaire sur un métier qui a des facettes différentes selon que l'on l'exerce à Paris ou en province, dans le cadre de ventes volontaires ou judiciaires. On arrive à expliquer les choses par petites touches. C'est un métier qui évolue beaucoup, notamment avec Internet. C'est un métier de tradition, très ancien. Il est récurrent dans son principe, pourtant il reste méconnu. C'est sa force et sa faiblesse. Il a conservé un mode de fonctionnement qui est un peu hors de l'urgence actuelle. Quand on pousse les portes d'un hôtel des ventes, on entre dans un autre espace-temps. C'est complètement différent. On s'intéresse à des choses auxquelles habituellement on ne pourrait pas forcément s'intéresser. On peut prendre son temps. D'ailleurs, il faut prendre son temps quand on a un objet délicat. Il ne faut pas se précipiter.”

AVANT D'ARRIVER DANS CETTE ÉMISSION, VOUS VOUS INTÉRESSIEZ À CET UNIVERS ?

Jérôme : “J'ai toujours aimé les vide-greniers, dans cet univers où on passe du temps en famille, on se retrouve dans un bon esprit. C'est sur ce côté là que je travaille dans l'émission, sur l'ambiance générale. Je suis tombé dans l'émission par hasard. Le producteur m'avait parlé de cette émission bien avant qu'elle ne soit à l'antenne, en me disant qu'il me verrait bien dedans. Puis il s'est passé 1 an 1/2 avant que M6 démarre l'émission.

J'ai acheté une fois aux enchères pour marquer le coup, mais pas dans le cadre de l'émission : deux tableaux de Weibuch ayant appartenu à Claude François et exposés dans son salon. À un prix très corrects, car les gens n'achetaient que des costumes et les chemises. Je pensais que j'allais les mettre dans un coin chez moi, en fait, ils vont très bien dans mon intérieur. Tout est lien. J'ai toujours bien aimé Claude François, je m'étais toujours dit “tiens j'aimerai bien m'acheter quelque chose à Drouot” et Weisbuch est un peintre de chez moi, Nancy. Voilà, ils sont revenus à Nancy. Les objets ont donc une histoire.”

D'AUTRES IDÉES DE PRIME POUR L'ÉMISSION ?

Jérôme : “On pourrait faire intervenir des peoples. De nombreux chanteurs ou comédiens aimeraient y participer. On souhaite bien sûr que le prime fonctionne pour en faire d'autres. Mais les hebdos marchent aussi fort. Tout va donc très bien !”

DES ÉMISSIONS CONCURRENTES SONT PRÉVUES SUR LA TÉLÉ PUBLIQUE…

Jérôme : “M6 a choisi ce format, plutôt que celui préféré par la télé publique qui reprend une émission existante en Grande-Bretagne, car l'idée d'aller chez les gens, d'être dans l'empathie et les légendes familiales est une signature de notre chaine, choses que l'on voit peu sur le service public. J'aime bien quand on voit des failles ou d'autres éléments qui font la personnalité de l'émission.”

QUE FONT LES VENDEURS DE LEURS GAINS ?

Emmanuel : “Ils nous le racontent parfois sur Facebook. Il y a plein de profils différents : ils partent en voyage, refont la déco… Certains font de la place pour renouveler leur collection.”

LE SCHÉMA DU COLLECTIONNEUR ?

Emmanuel : “Intéressant. Quand on désire une pièce, ce n'est pas que l'objet seul, mais aussi son contexte. Le collectionneur a un désir super puissant puisque le contexte est sa collection ; dans ce cadre, l'objet prend alors tout son sens et certains sont prêts à tout.”

Jérôme : “Emmanuel est commissaire-priseur “profiler” !”

Emmanuel : “Quand on est commissaire-priseur, on vend à des passionnés ; il faut donc comprendre leur cheminement. Moi, je suis super-intéressé par les personnes qui se séparent de leur collection. Quand le collectionneur a terminé sa collection, le contexte de son désir n'existe plus et il peut donc s'en séparer… parfois pour en recommencer une autre !”

VOUS ÊTES COLLECTIONNEURS ?

Jérôme : “Je l'ai été sans doute, mais ce n'est pas addictif. Je vais dans certains magasins de jouets télé-ciné-BD et j'ai l'impression d'être dans ma chambre d'enfant. Quand je fais des brocantes et vide-greniers, je regarde les objets que j'ai connus. Mais je n'ai pas un désir de possession. Et j'aime la déco contemporaine…”

Emmanuel : “Mais souvent, les objets “contemporains” sont plus anciens que l'on ne pense… Personnellement, je n'ai pas de collection particulière. Mais chez moi, il n'y a que des objets que j'ai pu acheter un peu partout depuis toujours, ramassés dans la rue quand j'étais étudiant, sur les brocantes, en salles des ventes… il n'y a pas beaucoup de meubles neufs chez moi !Pour m'intéresser, il faut qu'un objet soit ou beau, ou drôle !”

OÙ CHINEZ-VOUS ?

Emmanuel : “Je vais souvent en salle des ventes, pour suivre le marché. Je me rends régulièrement aux expositions. On y trouve toujours de belles surprises. Je vais aussi aux puces à Bordeaux. J'ai du mal à me lever tôt, mais j'y vais quand même !”

QUELLES SONT LES TENDANCES DU MARCHÉ MONDIAL ?

Emmanuel : “Il y a l'émergence du marché asiatique. Désormais, les Chinois ont des moyens financiers très importants, de racheter leur patrimoine, alors qu'auparavant les objets d'art asiatiques se vendaient plutôt mal parce qu'on s'adressait à un public ici parfois très pointu, mais qui n'avait pas les moyens financiers. Aujourd'hui, des grosses fortunes chinoises sont prêtes mettre de fortes sommes en jeu.

En France, il y a l'apparition d'une nouvelle génération d'acheteurs (40-50 ans), qui ne s'intéressent pas forcément à l'Ancien Régime. Leur code, c'est le pop art, les créateurs français des années 1960, le plastique orange des années 1970…

Le cabinet de curiosité, qui est un concept très ancien, revient sur le devant de la scène. Des ventes ne proposent que des objets étranges, qui sortent de l'ordinaire, auparavant déconsidérés, qui font aujourd'hui la fortune de certains vendeurs. A Drouot récemment, un rare et curieux singe paresseux empaillé s'est vendu plus de 4 000 €.”

EMMANUEL LAYAN, VOUS AVEZ OUVERT UN SITE D'ESTIMATIONS…

Emmanuel : “Cela fait longtemps que je voulais le faire. Il y a une estimation, mais il y a aussi une analyse de l'objet. A travers mon site, je propose aux internautes d'envoyer des photos, à partir desquelles je vais identifier et raconter ce qu'est l'objet. En fait, je suis parti de l'idée que l'on peut vouloir connaître les objets que l'on a chez soi sans forcément vouloir les vendre. Ce n'est pas seulement une estimation. Je trouvais intéressant d'expliquer l'objet et son contexte.”

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